Diesel russe : l’accord surprise de Trump qui fait exploser la colère de Zelensky

Trump Lifts Russia Diesel Sanctions in Shock Deal

Une annonce inattendue a secoué la scène diplomatique internationale vendredi. Donald Trump a déclaré avoir négocié la livraison de quantités massives de diesel russe vers les marchés américain et mondial, levant pour ce faire des sanctions qui pèsent sur Moscou. Cette déclaration a coïncidé avec la reprise, le même jour à Miami, des discussions entre Américains et Ukrainiens sur la guerre avec la Russie, en présence de conseillers à la sécurité nationale de plusieurs pays européens.

Une décision « indigne » selon Kiev

Cet accord a immédiatement suscité la vive réprobation du président ukrainien. « Ce n’est certainement pas honnête, c’est certainement indigne de nos partenaires, et c’est, à mon avis, une décision faible », a regretté Volodymyr Zelensky. Le dirigeant ukrainien a exprimé son incompréhension face à ce qu’il considère comme un cadeau offert à Moscou au moment même où les frappes russes continuent de meurtrir son pays.

En quoi consiste exactement l’accord ?

La Russie est frappée de sanctions sur ses exportations d’hydrocarbures, dont l’objectif est de compliquer le financement de la guerre contre l’Ukraine, déclenchée en février 2022 par l’invasion russe à grande échelle du pays. Mais avec cet accord, le ministère américain des Finances a déclaré qu’il donnait une autorisation provisoire pour une mise sur le marché de gazole russe.

« La Russie va immédiatement fournir plus de 300 000 tonnes de diesel au marché américain et mondial, 500 000 tonnes de plus en novembre et 1 000 000 de tonnes immédiatement après. Par ailleurs, selon l’état de ses raffineries, la Russie va livrer rapidement 3 000 000 de tonnes de diesel », a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social.

« La partie russe a réaffirmé sa volonté de fournir du pétrole et des produits pétroliers aux marchés américain et mondial », a ensuite indiqué le Kremlin, confirmant également les chiffres avancés par Donald Trump.

Pourquoi Donald Trump achète-t-il du gazole russe ?

« Les prix du diesel pour les Américains et, en réalité, pour le monde, VONT BAISSER RAPIDEMENT DANS DES PROPORTIONS RECORD ! Des prix plus bas pour les Américains et surtout nos formidables paysans, éleveurs et transporteurs routiers, c’est ma plus grande priorité », a écrit Donald Trump vendredi sur son réseau social, avouant ainsi le principal objectif de cet accord.

Le gazole a augmenté de plus de 65 % aux États-Unis depuis le début de la guerre au Moyen-Orient déclenchée par le président américain. Et Donald Trump sait que le prix élevé des carburants est une cause majeure du mécontentement des électeurs avant des législatives très importantes le 3 novembre aux États-Unis. Il avait déjà tenté d’offrir un peu de répit aux automobilistes en ouvrant l’achat du diesel « rouge », habituellement réservé à l’agriculture et à la construction.

Le Parti républicain redoute de perdre le contrôle du Congrès lors de ces élections, dont dépendra en grande partie la physionomie des deux prochaines et dernières années du mandat de Donald Trump. Un Congrès démocrate pourrait multiplier les enquêtes contre le président américain et, si l’opposition l’emporte dans les deux chambres du parlement, bloquer ses nominations.

L’annonce de Donald Trump n’a pas eu d’impact majeur dans l’immédiat sur les prix du diesel, même si elle semble avoir accentué une baisse modérée des cours déjà entamée sur les marchés dans la journée. Selon Gregory Brew, analyste pétrolier chez Eurasia Group, les 300 000 tonnes évoquées par le président américain correspondent à 74 000 barils par jour. À titre de comparaison, la consommation intérieure américaine s’élevait à 2,94 millions de barils par jour en 2025, selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA).

Quelle incidence sur la guerre en Ukraine ?

Depuis mercredi, des attaques russes ont fait environ 60 morts en Ukraine et les récents bombardements russes ont aussi causé des « dommages considérables » au réseau électrique ukrainien, a déploré vendredi Volodymyr Zelensky. Kiev redoute la répétition du scénario de l’hiver dernier, lorsque la Russie avait pilonné les installations énergétiques du pays, plongeant des millions de foyers dans le froid et l’obscurité.

L’annonce américaine a donc du mal à passer. « Cela ressemble à un beau cadeau d’anniversaire pour Poutine. C’est absolument horrible », a déclaré Volodymyr Zelensky au média américain Axios en référence au 74e anniversaire mercredi du président russe, « cela ne fait qu’alimenter Poutine et lui donne la possibilité de mener une guerre encore plus intense ».

En parallèle de cette annonce, à Miami, une délégation ukrainienne était présente. Les échanges ont notamment porté sur « des mesures à court terme liées à la préparation à l’hiver (résilience énergétique, exportations de céréales), des garanties de sécurité, ainsi que des dispositifs à plus long terme pour la sécurité de l’Ukraine et de l’Europe », a déclaré Steve Witkoff, l’émissaire spécial de Donald Trump, sans préciser si elles se poursuivraient samedi comme initialement prévu.

Pour Volodymyr Zelensky, l’équipe ukrainienne en déplacement en Floride a « simplement servi de façade » pour cet accord avec Moscou. Ukrainiens et Européens ont maintes fois reproché à Donald Trump, qui n’a jamais condamné l’invasion russe, de prendre davantage en compte les revendications russes que les demandes ukrainiennes. Ces dernières semaines, le milliardaire de 80 ans a plusieurs fois condamné les attaques ukrainiennes sur des raffineries russes, mais pas la recrudescence des frappes russes contre l’Ukraine.

Une équation politique intenable pour Kiev

La simultanéité entre l’annonce de l’accord sur le diesel et la reprise des négociations à Miami illustre la complexité de la position ukrainienne. Kiev se retrouve contrainte de négocier avec un partenaire qui, dans le même temps, allège la pression économique sur son adversaire. Cette séquence risque d’affaiblir la confiance déjà fragile entre Washington et Kiev, alors que l’Ukraine aborde un hiver critique sur le plan énergétique et militaire.

Les Européens, présents à Miami par le biais de leurs conseillers à la sécurité nationale, observent eux aussi cette évolution avec inquiétude. L’accord sur le diesel russe pourrait diviser davantage les alliés occidentaux sur la stratégie à adopter face à Moscou, entre ceux qui privilégient la pression maximale et ceux qui, comme l’administration Trump, semblent vouloir stabiliser les marchés de l’énergie au prix d’un assouplissement des sanctions.

En définitive, cet accord sur le diesel russe révèle une priorité claire : la politique intérieure américaine et la lutte contre l’inflation des carburants avant les législatives du 3 novembre. Pour Volodymyr Zelensky, il constitue une nouvelle preuve que les intérêts électoraux de Donald Trump pèsent plus lourd que le soutien à l’Ukraine. La question centrale reste désormais de savoir si cette ouverture commerciale vers Moscou modifiera durablement l’équilibre des négociations sur la guerre, ou si elle restera une mesure temporaire dictée par l’agenda politique américain.

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