Drapeau israélien renversé au Parlement européen : le Crif accuse Rima Hassan d’avoir « pris le parti du Hamas »

Crif Slams Rima Hassan Over Israeli Flag Incident

Rima Hassan a « symboliquement pris le parti du Hamas, ouvertement, devant le visage de ses victimes » en « renversant un drapeau israélien » au Parlement européen, a estimé mercredi 7 octobre sur franceinfo Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). L’eurodéputée de La France Insoumise (LFI) a suscité une vive polémique après avoir renversé, lundi, des drapeaux israélien et européen lors d’une exposition organisée au Parlement de Strasbourg et consacrée à l’attaque du 7 octobre 2023.

Une explication contestée par le Crif

L’eurodéputée franco-palestinienne conteste avoir piétiné les deux drapeaux. Elle a toutefois confirmé auprès de l’AFP avoir « retiré le drapeau israélien de son support ». Selon sa version des faits, « le drapeau de l’Union européenne, fixé sur le même pied, est alors malencontreusement tombé sous l’effet du déséquilibre. Aucun drapeau n’a été piétiné ni détérioré », a-t-elle assuré.

Une explication que le président du Crif refuse catégoriquement d’entendre. « Je n’accepte pas ses explications », a déclaré Yonathan Arfi au micro de franceinfo. « Elle est députée européenne, elle a été élue au Parlement européen, elle a la responsabilité de se comporter dignement et décemment », a-t-il insisté, rappelant le cadre institutionnel dans lequel ces faits se seraient produits.

« Piétiner les valeurs fondamentales de la démocratie »

Pour le responsable communautaire, le geste dépasse largement le cadre d’un simple incident protocolaire. Renverser ou piétiner ces deux drapeaux revient à « piétiner les valeurs fondamentales de démocratie qu’elle est censée incarner », a-t-il affirmé. Yonathan Arfi y voit la confirmation d’une posture politique assumée depuis plusieurs années par l’eurodéputée, évoquant des agissements « qui sont fidèles à la stratégie d’outrance qu’elle a eue depuis quelques années ».

Le président du Crif va plus loin et établit un lien direct entre ce geste et la position de Rima Hassan sur le mouvement islamiste palestinien. Interrogé sur franceinfo, il a estimé que « ce qui revient à faire la promotion du Hamas, c’est la stratégie de Rima Hassan depuis des mois, qui consiste à dire qu’elle refuse de qualifier le Hamas d’organisation terroriste ». Il a exprimé le souhait que l’intéressée « soit sanctionnée lourdement par le Parlement européen », appelant l’institution strasbourgeoise à tirer toutes les conséquences de l’incident.

Le gouvernement français évoque des « sanctions exemplaires »

La classe politique française s’est également emparée du dossier. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’est exprimé dès le 6 octobre devant l’Assemblée nationale. Si les allégations s’avéraient fondées, elles « appelleraient des sanctions exemplaires de la part du Parlement européen », a-t-il déclaré devant les députés.

Le chef de la diplomatie française a par ailleurs replacé l’incident dans le contexte mémoriel du 7 octobre. « J’espère que les commémorations pourront se dérouler dans les meilleures conditions possibles, tout en gardant à l’esprit que 51 de nos compatriotes ont perdu la vie » dans cette tragédie, a-t-il conclu, rappelant l’ampleur du bilan humain pour la France.

Un contexte judiciaire déjà chargé

Cette nouvelle controverse intervient alors que Rima Hassan fait déjà l’objet de poursuites judiciaires en France. Son procès pour apologie du terrorisme a été renvoyé au mois d’octobre, sur demande de la défense, selon les informations judiciaires disponibles. L’eurodéputée, figure médiatique de La France Insoumise sur les questions internationales, cumule ainsi les fronts politiques et judiciaires.

L’incident du Parlement européen devrait également peser sur les débats institutionnels à Strasbourg, où plusieurs groupes politiques ont déjà demandé des explications. La question d’éventuelles sanctions internes à l’encontre de l’élue reste ouverte, le règlement du Parlement européen prévoyant des procédures disciplinaires en cas de manquement grave aux règles de conduite des députés.

Ce qu’il faut retenir

L’affaire du drapeau israélien renversé au Parlement européen a rapidement dépassé le simple fait divers pour devenir un affrontement politique et symbolique de premier plan. D’un côté, Rima Hassan invoque un geste accidentel et conteste toute dégradation ; de l’autre, le Crif et une partie du gouvernement français dénoncent un acte politique délibéré et réclament des sanctions. Entre la version de l’eurodéputée et les accusations portées contre elle, le Parlement européen se retrouve désormais en position d’arbitre, sommé de trancher sur le comportement de l’une de ses membres dans un contexte mémoriel particulièrement sensible.

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