Brésil : la famille Bolsonaro triomphe aux élections générales, Flavio en tête du premier tour présidentiel

Bolsonaro Family Wins Big in Brazil Elections

Flavio Bolsonaro est ravi. Le sénateur conservateur, fils de l’ancien chef de l’État d’extrême droite Jair Bolsonaro, a créé la surprise dimanche 4 octobre au premier tour de l’élection présidentielle au Brésil en devançant le président sortant de gauche Lula. Mais il a aussi d’autres raisons de se réjouir.

En effet, d’autres membres de sa famille ont été élus lors des législatives dimanche, surfant sur le raz-de-marée de la droite lors de ces élections générales. La marque Bolsonaro a plus que jamais fait recette, malgré l’absence du chef de famille. Inéligible et assigné à résidence après sa condamnation pour tentative de coup d’État, Jair Bolsonaro peut se frotter les mains.

Une famille bien placée au Sénat

Dans un premier temps, Jair Bolsonaro avait pourtant été critiqué dans son propre camp pour avoir adoubé depuis la prison son fils aîné Flavio pour la course présidentielle. Ce sénateur de 45 ans peut désormais aborder en favori le second tour face au président sortant de gauche Luiz Inacio Lula da Silva. S’il est élu, il aura les coudées franches pour gouverner, avec un Parlement penchant fortement à droite.

Jair Bolsonaro pourrait en bénéficier directement : son camp bénéficie désormais d’une majorité plus robuste pour faire approuver une loi d’amnistie en sa faveur. Il pourra compter notamment sur son épouse, Michelle Bolsonaro, élue au Sénat, tout comme son deuxième fils, Carlos Bolsonaro.

Sa formation, le Parti libéral (PL), a remporté à elle seule 19 sièges au Sénat sur les 54 qui étaient à pourvoir, et en compte 28 sur 81 au total. Le PL est également le premier parti de la Chambre des députés, avec dans ses rangs le plus jeune des fils Bolsonaro, Jair Renan, 28 ans.

La mère de Flavio Bolsonaro, Rogeria, a en revanche échoué de peu à se faire élire à la chambre basse.

Une percée spectaculaire chez les gouverneurs

Le camp Bolsonaro a également effectué une moisson impressionnante au niveau des gouverneurs. Dans l’État de Sao Paulo, Tarcisio de Freitas a ainsi été réélu au premier tour avec plus de 60 % des voix. Il inflige une cuisante défaite à Fernando Haddad, ancien ministre des Finances de Lula et pressenti comme son successeur potentiel.

Autre victoire emblématique : Sergio Moro, le juge qui avait condamné Lula à une peine de prison pour corruption en première instance, a lui aussi été élu gouverneur du Parana (sud). La condamnation du champion de la gauche avait finalement été annulée en 2021, le magistrat ayant été considéré comme partial.

À Rio de Janeiro, le bolsonariste Douglas Ruas a créé la surprise en devançant largement au premier tour Eduardo Paes, allié de Lula, qui caracolait pourtant en tête des sondages.

Un second tour sous haute tension

La performance de Flavio Bolsonaro au premier tour de la présidentielle constitue un revers cuisant pour Lula, qui espérait capitaliser sur son bilan économique et social pour l’emporter dès le premier scrutin. Le président sortant, âgé de 80 ans, avait pourtant multiplié les annonces de politiques publiques ces dernières semaines, sans parvenir à enrayer la dynamique favorable à la droite.

Le second tour s’annonce d’ores et déjà comme un duel à couteaux tirés entre deux visions radicalement opposées du Brésil. D’un côté, Flavio Bolsonaro incarne la continuité de la politique de son père, portée par une base électorale fidèle et mobilisée. De l’autre, Lula tentera de rassembler les forces de gauche et du centre pour contrer la vague conservatrice qui déferle sur le pays.

Avec une majorité parlementaire favorable à la droite et un nombre record de gouverneurs bolsonaristes élus, le rapport de force est clairement en faveur du clan Bolsonaro. Cette configuration politique inédite pourrait permettre à Jair Bolsonaro, malgré son inéligibilité, de continuer à exercer une influence déterminante sur la vie politique brésilienne, voire d’obtenir une amnistie qui lui permettrait de revenir sur le devant de la scène.

Une dynamique régionale inquiétante pour la gauche

Au-delà du Brésil, cette poussée de la droite conservatrice s’inscrit dans un contexte régional plus large de reflux des gouvernements de gauche en Amérique latine. Les victoires bolsonaristes dans des États clés comme Sao Paulo, Rio de Janeiro et le Parana envoient un signal fort aux formations progressistes de tout le continent.

Pour Lula et ses alliés, l’équation est désormais complexe : il faudra non seulement convaincre les électeurs centristes de se rallier à sa candidature au second tour, mais aussi composer avec un Congrès dominé par l’opposition et des gouverneurs hostiles dans les États les plus riches du pays. La bataille s’annonce rude, et le temps presse avant le second tour.

Ce scrutin marque un tournant dans l’histoire politique récente du Brésil. La famille Bolsonaro, malgré les déboires judiciaires de son patriarche, réussit le tour de force de se maintenir au centre du jeu politique et de consolider son emprise sur les institutions. Une chose est certaine : le second tour de la présidentielle sera bien plus qu’une simple élection. Il déterminera l’orientation idéologique du Brésil pour les années à venir.

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