Les trains peuvent de nouveau circuler entre Caen et Rouen à partir de ce lundi 5 octobre, près d’un mois après le déraillement d’un TER qui avait fait 44 blessés, dont une jeune femme de 18 ans grièvement atteinte. Si la reprise du trafic marque la fin de semaines de travaux particulièrement lourds, elle ne dissipe en rien le mystère qui entoure les causes de l’accident : la présence d’un morceau de rail sur la voie demeure, à ce jour, totalement inexpliquée.
Un accident causé par un rail de 300 kilos sur la voie
Le premier rapport du Bureau d’enquête sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT), publié le 25 septembre, a confirmé ce que les premières observations laissaient déjà supposer : le déraillement du 11 septembre est bien dû à « la présence d’un rail » sur la ligne Caen-Rouen, au niveau de la commune de Cléon, en Seine-Maritime. Ce fragment métallique, dont le poids est estimé à environ 300 kilos, se trouvait sur la voie au moment du passage du train, sans que l’on sache encore comment il a pu y aboutir.
Dans les jours qui ont suivi l’accident, les autorités étaient restées extrêmement prudentes sur les causes possibles. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait souligné dès le 13 septembre qu’« aucune piste n’était exclue », tout en refusant de privilégier une hypothèse particulière. « Il faut rester extrêmement prudent », avait-il insisté, rappelant que l’enquête judiciaire, ouverte par le parquet de Rouen, était dirigée par le procureur de la République.
Aucune piste privilégiée, l’enquête se poursuit
Le procureur de Rouen, Sébastien Gallois, avait lui aussi appelé à la plus grande circonspection. Le 12 septembre, il avait affirmé qu’« à ce stade, aucun élément ne permet d’évoquer un acte de malveillance commis avec l’intention délibérée de faire dérailler le train, et donc encore moins un attentat ». Les causes de la présence de ce morceau de rail sur la voie restent, selon lui, « inconnues ».
Près d’un mois plus tard, aucune information complémentaire sur l’enquête ouverte par le parquet de Rouen n’a été communiquée. L’origine du rail, son mode de dépose sur la voie et l’éventuelle responsabilité d’un tiers demeurent donc, à ce jour, des questions sans réponse.
Des travaux d’une complexité exceptionnelle
La remise en service de la ligne a nécessité des opérations d’une ampleur inhabituelle. SNCF Réseau avait décrit des travaux « particulièrement complexes », mobilisant deux grues de 250 tonnes et 200 opérateurs pour relever et évacuer les six voitures du train accidenté.
Il a également fallu renouveler intégralement près de 400 mètres de voie ferrée, ainsi que remplacer le câblage et la signalisation endommagés. « Plusieurs poteaux de caténaires ont été arrachés, la voie et le passage à niveau ont été détériorés », avait détaillé Matthieu Chabanel, PDG de SNCF Réseau, quelques jours après le déraillement.
- 44 blessés, dont une jeune femme de 18 ans gravement touchée
- Six voitures de train à relever et évacuer
- 400 mètres de voie ferrée entièrement renouvelés
- Deux grues de 250 tonnes et 200 opérateurs mobilisés
- Caténaires, signalisation et passage à niveau endommagés
Un retour à la normale, mais des questions en suspens
La réouverture de la ligne Caen-Rouen ce lundi 5 octobre constitue une étape importante pour les usagers, privés de liaison ferroviaire directe pendant près d’un mois. Elle ne clôt toutefois pas le dossier judiciaire : l’enquête du parquet de Rouen se poursuit, et les circonstances exactes de la présence de ce rail de 300 kilos sur la voie restent, à ce stade, inexpliquées. La prudence affichée par les autorités depuis le début de l’affaire contraste avec l’attente d’explications que suscite un accident d’une telle gravité.
En résumé, si le trafic ferroviaire reprend normalement entre Caen et Rouen, l’essentiel reste à établir : comprendre comment un morceau de rail a pu se retrouver sur la voie et provoquer un déraillement ayant fait 44 blessés. Tant que l’enquête n’aura pas livré ses conclusions, l’hypothèse d’un acte intentionnel comme celle d’un accident restent toutes deux ouvertes.


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