Alors que plusieurs épisodes de violences et de dégradations ont émaillé le mouvement lycéen ces derniers jours, Franck Leroy, président divers droite de la région Grand Est, a lancé un avertissement ferme dimanche 4 octobre sur franceinfo. Selon lui, les lycéens qui manifestent ne doivent pas compter sur la violence pour obtenir satisfaction. « Je crains malheureusement que, si la casse continue, les lycéens n’ont aucune chance d’avoir satisfaction », a-t-il déclaré, appelant les responsables lycéens à « stopper le mouvement » pour permettre le dialogue.
Deux millions d’euros de dégâts dans les lycées du Grand Est
Le président de région a dressé un bilan matériel préoccupant. Il estime à « deux millions d’euros à date » les dégâts causés dans les lycées de sa région depuis le début du mouvement. Une somme considérable qui, selon lui, aurait pu être investie autrement. « Tout l’argent qui aurait pu être mobilisé pour donner satisfaction aux lycéens d’un point de vue immobilier sera en fait consacré à réparer des dégâts qui sont totalement délirants », a-t-il poursuivi, soulignant l’absurdité de la situation.
Franck Leroy a tenu à rappeler que des instances existent pour porter les revendications des élèves. « Il existe des instances dans les lycées, les instances de vie lycéenne, les conseils d’administration, qui sont là pour aborder ces sujets », a-t-il insisté, balayant l’idée que la rue soit le seul moyen d’expression.
« Le mouvement lycéen a été phagocyté par des casseurs »
Interrogé sur la nature du mouvement, le président de la région Grand Est n’a pas mâché ses mots. « Il est évident aujourd’hui que le mouvement lycéen a été phagocyté par des casseurs », a-t-il affirmé. Pour lui, la situation est « extrêmement inquiétante » et il n’y a « aucune raison de légitimer la violence ».
Face aux revendications des lycéens, notamment concernant des établissements surchauffés, Franck Leroy a répondu de manière directe : « Tous les habitants étaient confrontés à cela. Ont-ils pour autant brûlé leurs logements ? » Il affirme avoir constaté ces derniers jours « des lycées endommagés alors qu’ils étaient quasiment flambant neufs et que la totalité des postes d’enseignants étaient occupés ».
Le président de région a également mis en garde contre la généralisation des dégradations. « Qu’on ne vienne pas détruire le patrimoine lycéen un peu partout en France sous prétexte que, ça et là, il existe des situations difficiles ! », a-t-il lancé, reconnaissant que des problèmes locaux pouvaient exister mais refusant qu’ils servent de justification à des actes de vandalisme.
Un appel au dialogue et à la responsabilité
Franck Leroy a conclu son intervention en appelant les responsables lycéens à la responsabilité. Il les invite « à stopper au plus vite le mouvement dans la rue » et à rencontrer les chefs d’établissement et les élus. « Ce n’est pas par la violence et par la rue qu’ils obtiendront gain de cause. Je crains même le contraire », a-t-il insisté.
Pour le président de la région Grand Est, la condition sine qua non de toute négociation reste le retour au calme. « Il n’y a pas de dialogue possible tant qu’il y a la violence dans la rue », a-t-il martelé. Une position qui tranche avec les appels de certains responsables politiques ou syndicaux à soutenir le mouvement, mais qui reflète l’inquiétude croissante face à la tournure des événements.
Alors que des incendies ont été signalés dans plusieurs établissements scolaires à travers la France, notamment à Metz, Salon-de-Provence ou Poitiers, et que des enquêtes ont été ouvertes, la question de la sortie de crise reste entière. Les propos de Franck Leroy illustrent la ligne dure adoptée par une partie des élus face à un mouvement qui, selon eux, a basculé dans la violence et s’éloigne des revendications initiales.
Une situation sous haute tension
Le mouvement lycéen, né de revendications liées aux conditions d’accueil dans les établissements, a pris une ampleur nationale ces derniers jours. Entre blocages, dégradations et affrontements, la situation est devenue explosive dans plusieurs villes. Si certains soutiennent les élèves, d’autres, à l’image de Franck Leroy, estiment que la violence ne peut en aucun cas être un mode d’action légitime.
Le président de la région Grand Est a rappelé que le dialogue restait possible, mais à condition que les lycéens acceptent de revenir à des modes d’expression pacifiques et institutionnels. « Ce qui est valable dans certains lycées doit être évoqué dans certains lycées », a-t-il conclu, plaidant pour une résolution locale des tensions plutôt qu’une contestation nationale violente.
En définitive, Franck Leroy adresse un message clair : la violence est un piège qui se retourne contre ceux qui l’utilisent. Les dégâts matériels, déjà estimés à deux millions d’euros dans le Grand Est, risquent de priver les lycéens des améliorations qu’ils réclament. Une situation paradoxale où la colère, exprimée par la casse, compromet les chances d’obtenir gain de cause.




