VIF : dans les roues du « RER pour vélo » qui doit transformer les trajets en Ile-de-France

Riding the Future Bike RER in Ile-de-France

Nous avons testé, guidon en main, l’avancement d’une des lignes du futur « RER pour vélo » francilien : la 5, qui devrait rallier Poissy à Pontault-Combault en passant par Paris. En 2030, le VIF (réseau Vélo Ile-de-France) devrait renforcer l’offre de déplacement. 350 km de ces voies rapides pour vélotafeurs sont déjà sortis de terre. Beaucoup reste à faire.

Un défi de mobilité pour l’Ile-de-France

L’idée de pédaler de Poissy jusqu’à l’Arc de Triomphe peut paraître saugrenue. On parle de 20 kilomètres, soit 1h15 sur la selle. Côté rails, on aurait pu emprunter le RER A, la ligne la plus empruntée d’Europe. Un million de personnes par jour, qui se serrent dans les wagons aux heures de pointe. Il y a aussi la ligne J du Transilien (300 000 personnes). Un réseau rapide, mais qui connaît régulièrement son lot de pannes. Et côté voitures ? L’autoroute A 14 permet de rejoindre la capitale en 45 minutes (sans bouchons), mais avec une note salée : 10,80 euros pour 21 km. Les départementales et la N13 restent embouteillées, sur cet axe qui traverse de grandes villes en direction de Paris.

Le VIF, une alternative écologique et efficace

D’où l’idée du collectif Vélo Île-de-France, de proposer en 2020 un réseau alternatif emprunté à la force du mollet, non polluant et bénéfique pour la santé, avec sa propre signalétique, le VIF. Avec pour ambition de longer ou compléter les grands corridors de transports existants. L’enjeu affiché par la Région, qui investit 300 millions d’euros : « généraliser l’usage du vélo à tous les Franciliens. »

Le VIF se présente comme un véritable réseau express, avec des voies larges, sécurisées et continues, pensées pour les déplacements quotidiens. Contrairement aux pistes cyclables classiques, souvent fragmentées, le VIF vise à offrir des itinéraires directs et rapides, comparables à ceux d’un RER. Les cyclistes pourront ainsi parcourir de longues distances sans interruption, ce qui devrait séduire les vélotafeurs, ces salariés qui utilisent le vélo pour se rendre au travail.

350 km déjà réalisés, mais des défis persistent

Selon les données du collectif, 350 km de ces voies rapides sont déjà sortis de terre. Un chiffre encourageant, mais qui ne représente qu’une partie de l’objectif final. Le réseau complet devrait s’étendre sur plus de 700 km, avec 10 lignes principales. La ligne 5, qui nous intéresse ici, est encore en chantier. Entre Poissy et Pontault-Combault, le tracé traverse des zones urbaines denses, des zones industrielles et des espaces naturels. Les travaux avancent, mais des tronçons entiers restent à aménager, notamment dans Paris intra-muros.

Les obstacles sont nombreux : coordination entre les différentes collectivités, financement, opposition de certains riverains ou commerçants, et surtout, la nécessité d’intégrer ces voies dans un tissu urbain déjà saturé. Malgré cela, la Région affiche sa détermination. « Le VIF est une priorité pour réduire la dépendance à la voiture et améliorer la qualité de l’air », assure un porte-parole.

Un impact attendu sur les mobilités

Si le VIF tient ses promesses, il pourrait profondément modifier les habitudes de déplacement en Ile-de-France. Les trajets de moins de 20 km, qui représentent une part importante des déplacements quotidiens, pourraient être effectués à vélo, en toute sécurité. Cela réduirait la pression sur les transports en commun, souvent saturés, et diminuerait les émissions de gaz à effet de serre.

Pour les usagers, le VIF offrirait une alternative crédible à la voiture et aux transports en commun, avec un coût quasi nul après l’achat du vélo. Les entreprises pourraient également y trouver un avantage : des salariés en meilleure santé, moins de retards liés aux grèves ou aux embouteillages, et une image plus verte.

Les défis à relever d’ici 2030

Pour que le VIF soit pleinement opérationnel en 2030, plusieurs conditions doivent être remplies. Il faut d’abord accélérer les travaux, notamment dans les zones les plus complexes. Ensuite, il faudra garantir la sécurité des cyclistes, avec des aménagements adaptés et une signalisation claire. Enfin, un effort de communication sera nécessaire pour inciter les Franciliens à changer leurs habitudes.

Le collectif Vélo Île-de-France appelle de ses vœux une véritable politique cyclable, avec des budgets à la hauteur et une volonté politique forte. La Région, de son côté, mise sur le VIF pour atteindre ses objectifs de transition écologique. Les prochaines années seront décisives.

Conclusion

Le VIF, futur « RER pour vélo » en Ile-de-France, avance à grands pas. Avec 350 km déjà réalisés et un objectif de 700 km d’ici 2030, ce réseau express pourrait bien devenir une alternative majeure aux transports en commun et à la voiture. La ligne 5, de Poissy à Pontault-Combault, incarne cette ambition. Si les défis restent nombreux, le VIF pourrait transformer durablement la mobilité francilienne et offrir aux habitants une nouvelle liberté de déplacement.

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