Les États-Unis annoncent la fin officielle de la coalition antijihadiste en Irak

US Ends Anti-Jihadist Coalition Mission in Iraq

Le Pentagone a annoncé, mercredi 30 septembre, la fin officielle de la mission de la coalition antijihadiste déployée depuis 2014 en Irak et dirigée par les États-Unis. Cette décision marque l’aboutissement d’un processus de retrait entamé en 2024 et laisse le pays face à des défis internes persistants.

Une conclusion annoncée par Washington

Dans un communiqué publié mercredi, Sean Parnell, porte-parole du ministère américain de la Défense, a confirmé la clôture de l’opération Inherent Resolve en Irak. « Aujourd’hui, les États-Unis et nos partenaires de la coalition ont officiellement conclu l’opération Inherent Resolve en Irak », a-t-il déclaré.

Le porte-parole a précisé que « le départ ordonné des forces et équipements de la coalition de la base aérienne d’Erbil marque la conclusion réussie de la mission militaire qui a vaincu » le groupe État islamique en Irak. Cette base, située dans la région autonome du Kurdistan, constituait le dernier point d’ancrage de la coalition dans le pays.

Bagdad salue une « nouvelle étape »

Le Premier ministre irakien, Ali al-Zaidi, a réagi lors d’une cérémonie marquant la fin officielle de la mission. « Une nouvelle étape a commencé, marquée par la souveraineté de l’Irak, la solidité de ses institutions et des partenariats équilibrés avec ses amis », a-t-il déclaré.

Cette prise de parole traduit la volonté de Bagdad de présenter ce retrait comme une affirmation de son autonomie stratégique, après des années de présence militaire étrangère sur son sol.

Une décennie de présence militaire

La coalition internationale avait été déployée en 2014 en Irak et en Syrie pour lutter contre le groupe État islamique, qui s’était emparé de vastes pans de territoire dans les deux pays et y avait commis des atrocités de grande ampleur.

Après la victoire sur l’EI en Irak en 2017, puis en Syrie en 2019, les forces internationales étaient restées sur place pour combattre les derniers éléments du groupe jihadiste. Ce n’est qu’en 2024 que Bagdad et Washington ont décidé de mettre un terme à cette mission.

La coalition a quitté la Syrie plus tôt cette année et a entamé son retrait d’Irak en 2025, limitant progressivement sa présence à l’aéroport d’Erbil. Le départ des dernières troupes était prévu mercredi, conformément au calendrier établi.

Des tensions internes toujours vivaces

Si la coalition achève sa mission après avoir débarrassé le pays des jihadistes, elle laisse l’Irak en proie à des tensions internes persistantes. Le pays demeure confronté à des défis sécuritaires, politiques et économiques considérables, alors que les milices et les rivalités entre factions continuent de peser sur la stabilité nationale.

La fin de la mission Inherent Resolve soulève également des questions sur la capacité des forces irakiennes à maintenir la pression sur les cellules dormantes de l’EI, qui ont poursuivi leurs attaques sporadiques ces dernières années.

La région autonome du Kurdistan, qui abritait la dernière base de la coalition, se retrouve désormais sans présence militaire internationale significative, une situation qui pourrait modifier les équilibres locaux.

Une transition sous surveillance

Le retrait des forces de la coalition marque un tournant dans les relations entre Bagdad et Washington, qui conservent des accords de coopération en matière de défense et de formation. Les observateurs internationaux resteront attentifs à l’évolution de la situation sécuritaire dans les mois à venir.

Avec cette annonce, l’Irak entend tourner une page militaire ouverte en 2014, au plus fort de l’avancée jihadiste. La réussite de cette transition dépendra largement de la capacité des institutions irakiennes à assurer seules la sécurité du territoire et à répondre aux attentes d’une population éprouvée par des années de conflit.

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