Samedi 26 septembre, un cortège de mariage composé d’une cinquantaine de véhicules a semé le chaos dans les rues de Saint-Priest, près de Lyon. Klaxons hurlants, passagers assis sur les portières, rodéos sur les voies de tramway : la police est intervenue et a dressé 87 procès-verbaux pour un montant total de 10 945 euros. Le maire de la commune assume pleinement la répression.
Une scène de chaos en plein après-midi
Il est environ 14 heures ce samedi 26 septembre lorsque le cortège nuptial s’élance dans les artères de Saint-Priest, commune de près de 50 000 habitants située dans la métropole lyonnaise. Selon les images captées par les caméras de vidéosurveillance, une cinquantaine de véhicules progressent au ralenti, moteurs vrombissants, dans un concert assourdissant de klaxons. Des passagers sont assis sur les portières, jambes pendantes dans le vide.
Les riverains, eux, subissent la scène. « C’était particulièrement bruyant, on pourrait penser qu’on s’habitue, mais en fait, pas tant que ça », confie une habitante au micro de France 2. Un autre témoin retient « surtout les bruits de pétards et de feux d’artifice », estimant que « c’est surtout ça qui a gêné le voisinage ».
Des infractions graves et répétées
Alertés, les policiers déploient rapidement un dispositif d’interception. Sur les enregistrements vidéo, les agents disent constater un nombre conséquent d’infractions au code de la route et des comportements particulièrement dangereux. Le bilan est sans appel : 87 amendes dressées, 10 945 euros de contraventions, et 242 points de permis retirés aux conducteurs concernés.
Parmi les infractions relevées figurent des excès de vitesse, des franchissements de feux, des circulations à contresens et des empiétements sur les voies réservées aux transports en commun. « Les véhicules roulaient à peu près à 80 ou 100 km/h sur les voies de tramway », dénonce le maire de la ville, Gilles Gascon (LR).
Le maire assume la fermeté
Face aux critiques qui pourraient émerger sur la sévérité de la réponse policière, l’édile ne recule pas. « On peut l’accepter ? C’en est de la responsabilité du maire de pouvoir intervenir. Je ne peux pas laisser faire ce genre de choses », martèle-t-il. Et d’énumérer les risques encourus par les usagers : « J’ai vu des gens qui roulaient à contresens, qui coupaient la voie des bus et des trams. On a des mamans avec des poussettes, des gens sur les trottoirs. On n’est pas au Far West ici. »
Cette position tranchée s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre certaines communes et les cortèges de mariage qui dégénèrent régulièrement en rodéos urbains. Plusieurs villes de la région lyonnaise ont déjà signalé des débordements similaires ces derniers mois, sans toujours disposer des moyens juridiques ou humains pour y répondre efficacement.
Une réponse qui divise les habitants
Si la fermeté de la municipalité est saluée par une partie des riverains, le nombre impressionnant de procès-verbaux dressés en une seule intervention partage la population. Certains estiment que la sanction est proportionnée aux nuisances et aux dangers générés. D’autres s’interrogent sur le caractère collectif de la répression, alors que tous les participants au cortège n’étaient pas nécessairement impliqués dans les infractions les plus graves.
La question des moyens dont disposent les élus locaux pour encadrer ces événements reste entière. Entre le respect des traditions festives et la protection des riverains, les maires se retrouvent souvent en première ligne, sans arsenal législatif spécifiquement adapté aux cortèges motorisés de grande ampleur.
Un phénomène récurrent dans les banlieues lyonnaises
Le cas de Saint-Priest n’est pas isolé. Dans la métropole de Lyon, plusieurs communes ont été confrontées à des scènes similaires ces dernières années : cortèges bruyants, conduites dangereuses, occupation des voies publiques. Les autorités locales réclament depuis longtemps une réponse coordonnée à l’échelle de l’agglomération, estimant que la seule verbalisation individuelle ne suffit pas à dissuader ces comportements.
En attendant, la municipalité de Saint-Priest a annoncé son intention de maintenir une vigilance renforcée lors des prochains week-ends, période privilégiée pour les célébrations de mariage. Les caméras de vidéosurveillance, déjà mobilisées lors de l’intervention de samedi, devraient continuer à jouer un rôle central dans l’identification des contrevenants.
Ce qu’il faut retenir
Un cortège de mariage d’une cinquantaine de véhicules a provoqué samedi 26 septembre un important désordre à Saint-Priest, près de Lyon. La police a dressé 87 amendes pour un total de 10 945 euros et retiré 242 points de permis. Le maire Gilles Gascon assume la fermeté de la réponse, invoquant la sécurité des piétons et des usagers des transports en commun. Si la sanction est jugée nécessaire par certains, elle divise une partie des habitants et relance le débat sur les moyens dont disposent les communes pour encadrer ces cortèges festifs qui tournent parfois au rodéo urbain.




