Il n’était pas présent aux cérémonies religieuses à Paris ce samedi ni à Lourdes ce dimanche. En revanche, Emmanuel Macron assistera finalement à la messe donnée par le pape Léon XIV à Metz ce lundi 28 septembre, au dernier jour de sa visite historique de quatre jours en France, a annoncé l’Élysée.
Un revirement après de longues hésitations
Après de longues hésitations, Emmanuel Macron avait initialement décidé de n’assister à aucune des messes papales, faisait savoir son entourage avant l’arrivée de Léon XIV. À Marseille en 2023, sa présence à la messe du pape François (2013-2025) au stade Vélodrome lui avait valu quelques critiques au nom de la laïcité.
Mais le chef de l’État a donc changé d’avis, alors que la visite du pape a attiré d’immenses foules depuis son arrivée en France, signe d’une popularité affirmée seize mois après son élection à la tête de l’Église catholique.
Le président a ainsi « réorganisé son agenda » pour être cette fois présent à la cérémonie religieuse à Metz et raccompagner ensuite le pape à l’aéroport, a communiqué l’Élysée. « Après leur riche conversation de vendredi notamment autour de la paix, de l’Europe, de l’IA et de la situation au Liban, le pape a fait savoir au président de la République que cela lui ferait plaisir de prolonger leurs échanges au moment du Congedo (cérémonie de départ) », a précisé à l’AFP un proche du chef de l’État.
Une journée placée sous le signe de l’Europe et de la paix
Ce lundi, le déplacement de Léon XIV à Metz doit s’inscrire dans une tonalité plus internationale, avec un discours vantant la construction européenne comme source de paix.
Le souverain pontife doit prononcer à 10h un premier discours lors d’une rencontre interreligieuse, puis un second lors d’une rencontre sur la paix et les racines chrétiennes de l’Europe. Invités par l’Élysée, seuls quelques chefs d’État et de gouvernement des autres pays de l’UE ont annoncé leur présence à Metz, où Emmanuel Macron prendra aussi la parole.
La journée se clôturera avec un dernier tour en papamobile de Léon XIV et une messe à la cathédrale Saint-Étienne de Metz (16h), joyau de l’art gothique, où Emmanuel Macron se rendra donc, alors qu’il devait en principe rentrer à Paris.
Plus de 1,3 million de fidèles en trois jours
Au total, selon les chiffres communiqués par le Vatican, plus de 1,3 million de personnes sont venues à la rencontre du souverain pontife entre vendredi et dimanche. À chacun de ses passages parmi les fidèles, Léon XIV s’est montré souriant et chaleureux, offrant des scènes mêlant acclamations, smartphones levés, bénédictions de nourrissons et drapeaux du Vatican.
La visite du pape en France, qui a débuté par Paris et Saint-Denis avant de se poursuivre à Lourdes, s’achève donc à Metz, une ville symbolique pour la construction européenne et les racines chrétiennes du continent. Le choix de cette ville mosellane n’est pas anodin : située au cœur de l’Europe, elle incarne à elle seule les enjeux de paix et de dialogue interreligieux que le pape souhaite mettre en avant lors de cette dernière journée.
Une popularité qui bouscule les protocoles
La décision d’Emmanuel Macron de participer finalement à la messe de Metz témoigne de l’impact considérable de cette visite papale sur la scène publique française. Alors que la question de la laïcité avait initialement conduit le président à prendre ses distances avec les cérémonies religieuses, l’ampleur des foules rassemblées et l’écho médiatique de ce déplacement ont semble-t-il pesé dans la balance.
Ce revirement illustre également la relation particulière qui s’est nouée entre Emmanuel Macron et Léon XIV, dont les échanges de vendredi ont porté sur des sujets aussi variés que la paix, l’Europe, l’intelligence artificielle et la situation au Liban. Le pape aurait lui-même exprimé le souhait de prolonger ces discussions lors de la cérémonie de départ, une marque d’attention peu commune qui a convaincu le chef de l’État de modifier son programme.
Pour l’Élysée, cette présence à Metz n’est pas seulement protocolaire : elle traduit la volonté de la France de réaffirmer son attachement au dialogue interreligieux et à la construction européenne, des thèmes chers au souverain pontife et au président français. La prise de parole d’Emmanuel Macron lors de la rencontre sur la paix et les racines chrétiennes de l’Europe devrait ainsi permettre de souligner cette convergence de vues.
Un dernier rendez-vous sous le signe du Congedo
Après la messe à la cathédrale Saint-Étienne, Emmanuel Macron raccompagnera le pape à l’aéroport, où se tiendra la cérémonie de départ, le Congedo. Ce moment d’adieux devrait permettre aux deux hommes de poursuivre leurs échanges dans un cadre plus informel, prolongeant ainsi une visite qui aura marqué les esprits par son ampleur et sa ferveur populaire.
Avec plus de 1,3 million de fidèles venus à sa rencontre en seulement trois jours, Léon XIV confirme, seize mois après son élection, une popularité qui dépasse largement les frontières du monde catholique. Sa visite en France, ponctuée de moments forts à Paris, Saint-Denis, Lourdes et désormais Metz, restera comme l’un des événements majeurs de cette année, mêlant ferveur religieuse, enjeux diplomatiques et réflexion sur l’avenir de l’Europe.
La décision d’Emmanuel Macron d’assister finalement à la messe de Metz, après avoir initialement choisi de ne participer à aucune cérémonie religieuse, témoigne de l’importance qu’il accorde à cette visite et à la relation nouée avec le pape Léon XIV. Une présence qui, au-delà des débats sur la laïcité, s’inscrit dans une volonté de dialogue et de rapprochement entre les institutions françaises et l’Église catholique.




