À Arras, 70 000 passionnés réunis pour le championnat du monde de la frite

Arras Hosts 70,000 at World French Fry Championship

La Grand’Place d’Arras (Pas-de-Calais) a vibré, samedi 27 septembre, au rythme de la quatrième édition du championnat du monde de la frite. Pour l’occasion, pas moins de 70 000 spectateurs ont fait le déplacement, certains venus de très loin, afin de déguster les meilleures frites et d’assister à une compétition aussi populaire que sérieuse.

Une compétition prise très au sérieux

Derrière l’ambiance festive, les candidats ne laissent rien au hasard. Rémy Dauchy, engagé dans la catégorie « frite authentique », témoigne d’une préparation minutieuse : « On le prend vraiment au sérieux, on s’entraînait. Encore hier, on a fait une journée entière, de 9 heures jusqu’à 23 heures. Non, non, on y croit vraiment. »

Dextérité pour l’épluchage, maîtrise de la cuisson et choix des pommes de terre : chaque détail compte pour séduire le jury et le public. Car à Arras, la frite n’est pas un simple accompagnement, elle est une véritable star populaire, célébrée comme un patrimoine culinaire à part entière.

Des spectateurs venus parfois de très loin

Parmi les 70 000 visiteurs, certains ont parcouru un long chemin pour participer à la fête. C’est le cas d’un groupe de Strasbourgeois, arrivés en train à la Gare du Nord dès le samedi matin. « C’est notre première fois, première édition, on s’est dit que les gens, ils seraient déguisés. Visiblement, ils n’ont pas tous eu l’idée. On s’est trompé », confie un touriste déguisé en tube de mayonnaise, preuve que l’événement attire un public aussi curieux que convivial.

Les anciens champions du monde, eux, font figure d’attraction. Leurs frites suscitent une telle curiosité qu’il faut compter jusqu’à une heure d’attente pour espérer y goûter. « C’est quand même une dinguerie, faut le dire, non, c’est excellent », s’enthousiasme un client. « Croustillantes et même pas trop grasses, en fait », ajoute-t-il, tandis qu’un autre ironise : « Elles sont presque aussi bonnes que les miennes. »

La double cuisson, secret des champions

Chaque candidat cultive son petit secret pour obtenir une frite croustillante et gourmande à souhait. Gautier Vanhasbrouck, qui accompagne un concurrent dans la catégorie « frite authentique », dévoile sa méthode : « Pour nous, le secret, c’est la double cuisson : la première cuisson végétale, la deuxième cuisson au gras de bœuf, qui garde le goût du bœuf. »

Un savoir-faire qui se transmet et qui fait la fierté des participants, conscients que la médaille d’or représente bien plus qu’un simple titre : elle assure une clientèle fidèle et une réputation durable.

Un hommage au monde agricole

Cette quatrième édition revêtait une signification particulière dans un contexte morose pour la filière. La production de pommes de terre s’effrite cette année, avec une baisse estimée à 20 %. Un défi que les organisateurs entendaient bien mettre en lumière.

« Ça, c’est le lien qu’on peut avoir aussi avec le monde agricole », souligne Nicolas Desfachelle, vice-président de la communauté urbaine d’Arras. « C’est aussi cette chance que nous avons de pouvoir réunir les gens autour, non pas de la pomme de terre, mais de la patate. »

Au-delà de la compétition, l’événement a donc rempli sa mission : rassembler les foules autour d’un produit simple et fédérateur, tout en rendant hommage à ceux qui le cultivent.

Une fête populaire et rassembleuse

Avec ses 70 000 spectateurs, ses candidats déterminés et son ambiance chaleureuse, le championnat du monde de la frite confirme son statut de rendez-vous incontournable. Entre dégustations, rires et rivalités amicales, Arras a une nouvelle fois prouvé que la frite, bien plus qu’un mets, est un véritable lien social.

Cette quatrième édition restera marquée par l’engouement du public et la ferveur autour d’un produit du terroir. Dans un contexte agricole difficile, la célébration de la pomme de terre rappelle l’importance de soutenir une filière essentielle et de valoriser un savoir-faire culinaire bien français.

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