Visite du pape Léon XIV à Metz : le diocèse dément les révélations du Canard enchaîné sur un prêtre condamné

Pope Visit: Priest's Role Sparks Diocese Denial

Un prêtre condamné en 2011 pour détention d’images pédopornographiques est-il chargé de la communication du diocèse de Metz pour la venue du pape Léon XIV dans la ville lorraine le lundi 28 septembre ? C’est en tout cas ce qu’a dévoilé Le Canard enchaîné cette semaine, des révélations vivement démenties par le diocèse.

Une condamnation en 2011

Selon l’hebdomadaire satirique, Stéphane Jourdain, aujourd’hui curé à Montigny-lès-Metz, a été condamné en avril 2011 à trois mois de prison avec sursis pour détention d’images pédopornographiques, aux côtés d’une quarantaine de prévenus. Le Canard enchaîné ajoute qu’il a été « recyclé, en bonne place, au sein du diocèse pour communiquer sur la visite du pape » dans la ville lorraine.

L’affaire remonte donc à plus de quinze ans, mais elle refait surface à quelques jours seulement de l’arrivée du souverain pontife en France, dans un contexte particulièrement sensible pour l’Église catholique, confrontée depuis plusieurs années à une succession de scandales de violences sexuelles sur mineurs.

Le diocèse de Metz monte au créneau

Face à ces révélations, l’institution religieuse a publié un communiqué dans lequel elle conteste fermement les informations publiées par l’hebdomadaire satirique. « Le diocèse de Metz tient à préciser que l’abbé Stéphane Jourdain n’a jamais été responsable diocésain de la communication, qu’il n’est pas chargé de la communication du prochain voyage du Saint-Père en France et qu’il n’est pas membre du comité de pilotage pour l’organisation de la journée à Metz », cingle le diocèse.

« Nous précisons, en outre, qu’il n’est pas davantage chargé de la recherche de financement pour cet événement », ajoute l’institution, qui n’a toutefois pas démenti la condamnation du curé. Une nuance importante, qui laisse planer le doute sur la réalité des faits judiciaires tout en rejetant catégoriquement l’idée d’une quelconque responsabilité dans l’organisation de la visite pontificale.

Un voyage papal sous haute tension

Avant Metz, l’étape finale de son voyage historique en France, le pape Léon XIV arrive à Paris ce vendredi 25 septembre pour deux jours de visite et un programme très chargé : prière à Notre-Dame, déambulation au cœur de la capitale, messe en plein air à la Concorde. Un déplacement placé sous haute surveillance, alors que plusieurs associations ont déjà annoncé leur intention de manifester ou de déposer des recours.

L’association Mouv’Enfants a notamment déposé un recours pour faire annuler la messe géante du pape prévue à Paris. Par ailleurs, Emmanuel Macron a décidé de zapper tous les moments religieux de la visite du pape Léon XIV en France, une décision qui a fait couler beaucoup d’encre.

Le souverain pontife se rendra ensuite à Lourdes, l’un des lieux de pèlerinage catholiques les plus fréquentés dans le monde, où il doit rencontrer ce dimanche sept victimes de violences sexuelles au sein de l’Église.

Une rencontre avec les victimes qui fait débat

Cinq des participants ayant révélé leur identité, la liste peut se lire comme un résumé des scandales ayant éclaboussé l’Église de France, avec des victimes de l’abbé Pierre, de l’abbé Tartu (chef d’une chorale d’enfants à Tours), du prêtre Bernard Preynat (à Lyon), ainsi qu’un ancien élève de Notre-Dame de Bétharram, établissement au cœur d’un scandale de violences physiques et sexuelles.

Mais l’instance nationale de reconnaissance et de réparation des victimes de violences sexuelles (Inirr) a dénoncé un « rendez-vous raté ». « Le format interindividuel, je le comprends » car « pour échanger vraiment, il faut être un petit nombre », a affirmé la présidente de l’instance, Marie Derain de Vaucresson, lors d’une conférence de presse.

Cependant « on aurait pu imaginer une parole portée par un petit nombre, mais construite avec un nombre beaucoup plus important », par exemple lors d’« un temps d’échange d’une journée entière, avec 250 ou 300 personnes » à Lourdes. Une grande rencontre entre victimes et évêques y avait d’ailleurs été organisée pendant deux jours en avril 2025.

Le pape refuse par ailleurs de rencontrer un collectif de victimes de Bétharram, qui a fait part de sa « consternation ». Une décision qui risque de nourrir les critiques à l’égard de l’Église, déjà accusée de manquer de transparence dans la gestion des affaires de violences sexuelles.

Ce qu’il faut retenir

Le diocèse de Metz dément formellement que l’abbé Stéphane Jourdain, condamné en 2011 pour détention d’images pédopornographiques, soit chargé de la communication de la visite du pape Léon XIV, prévue le 28 septembre dans la ville lorraine. Si l’institution religieuse ne conteste pas la condamnation du prêtre, elle rejette toute implication de celui-ci dans l’organisation de l’événement. Ces révélations interviennent à quelques jours d’un voyage papal déjà sous tension, entre recours d’associations, critiques sur la rencontre avec les victimes et décision controversée d’Emmanuel Macron de ne pas assister aux moments religieux.

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